Mon écriture a deux petites têtes, la première usine des mots, la deuxième emboutit des images et des textes ; dans la première tête se fabrique un rejeton du cinématographe et de la musique : des temps et un montage dans lesquels une histoire joue des coudes avec les thèmes humains ; la deuxième tête est fainéante et vous demande de faire le travail pour une rencontre, un spectacle, c'est la tête voyeuse et voleuse (la première est la tête chercheuse). Quand il leur faut écrire sur un artiste ou pour un artiste, les deux têtes se causent, parlementent puis postillonnent une petite histoire qui tente de rester en dehors de l'illustration. Et de séduire. De compléter le travail. Il fait souvent froid, les deux têtes se protègent sous le même bonnet. Si mon écriture avait d'autres têtes dont des méchantes, elle pourrait garder une caverne, un souvenir, une toison.

lundi 9 juillet 2018

Ayons bonne mine - 30

30 - "Chavassieux - le puits Paluat et les maisons ouvrières"


Je connais depuis peu un type qui s'appelle Chavassieux. Il a comme moi un prénom qui semble vieux, usé des monts usés d'un centre de la France, avec un accent médiéval du nord ou du sud, bouche tordue, et qui a certainement voulu dire quelque chose. Ce nom, ce mot, comme le mien, viendrait du lieu, et précisément de la terre ou du caillou. Notre nom vient du sol qui a engendré nos ancêtres. Ils creusèrent et cultivèrent, certainement. Y firent leur descendance, y bâtirent fermes et dépendances, rien de riche. De l'oubli qui reste. Nous nous croiserons à nouveau, pour en parler, de ce temps qui pour nous n'existe que par une histoire que nous pouvons écrire. Il écrit aussi. Nous croiserons nos verres au salut de cette ressemblance.


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