Mon écriture a trois petites têtes, la première prétend faire des histoires, le deuxième prend des images et les complète de mots, la troisième se juxtapose à des artistes. Les trois têtes n'ont pas de dents et portent un bonnet de laine en cette période.

mercredi 28 décembre 2016

La Grande Der - 19


Un bassin.

La voici enfin, en eau, disponible. La piscine nous attend, elle nous tend la perche. Pataugeons, fol que je suis, bec de canard et bulles de brochet. Ah, la peau se tend, s'y forment tant de points poilus mais frottons-nous, chauffons, brûlons, tentons ensuite un plongeon franc. Délassement, abandon. Baignons. Membres écartés aux cardinaux, tête absente, endormie, voici la vacance des jours, voici le bonheur des fins de travaux, la piscine est découverte, la saison d'automne se prête au jeu de l'été. Qui va nettoyer ces feuilles tombées soudain et qui s'occupera des fientes de ces pigeons voyageurs qu'on ne rattrape pas ? J'ai pied, j'ai pied, jusque là j'ai pied. Hop alors, je flotte dans l'eurêka, je découvre une poussée immense dans mon dos, massage convulsif, élévation inquiétante. Mouillons-nous, L'eau que l'on boit ne fait pas le noyé.


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