Un bassin.
La voici
enfin, en eau, disponible. La piscine nous attend, elle nous tend la perche.
Pataugeons, fol que je suis, bec de canard et bulles de brochet. Ah, la peau se
tend, s'y forment tant de points poilus mais frottons-nous, chauffons, brûlons,
tentons ensuite un plongeon franc. Délassement, abandon. Baignons. Membres
écartés aux cardinaux, tête absente, endormie, voici la vacance des jours,
voici le bonheur des fins de travaux, la piscine est découverte, la saison d'automne
se prête au jeu de l'été. Qui va nettoyer ces feuilles tombées soudain et qui
s'occupera des fientes de ces pigeons voyageurs qu'on ne rattrape pas ? J'ai
pied, j'ai pied, jusque là j'ai pied. Hop alors, je flotte dans l'eurêka, je
découvre une poussée immense dans mon dos, massage convulsif, élévation
inquiétante. Mouillons-nous, L'eau que l'on boit ne fait pas le noyé.

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