La piscine pour domestiquer l'eau des bains. Noyades contrôlées, apprentissage des mouvements de ligne droite et pisser ailleurs. Pas de vagues sauf celles programmées, tenue correcte exigée. Odeur artificielle rassurante. Et l'autre avec sa perche, qui roule des mécaniques. Le soleil y est artificiel quand le faux ciel protège des pluies qui mouilleraient les bassins. Mais chaque parole devient un cri, chaque bruit veut y résonner. Distribution de boissons programmée, pas de cerf-volant. On y peut draguer, au fond, sans soulever de vase ni gêner les coquillages ; on peut s'y montrer ou se cacher sous la surface des choses.
Pierre Rochigneux
vendredi 14 août 2026
mercredi 12 août 2026
Fever at Night - 18
Dans le flou, on peut reconnaître des fantômes qu'on n'a encore jamais rencontrés. Ils sont là, se montrent par erreur quelques instants ; s'ils se plaisaient parmi nous, ils prendraient corps ou apprendraient à nous rencontrer. En avoir peur a été appris comme on a peur du serpent et de l'araignée. C'est la nuit qu'on les suppose puisque le jour ils se cachent de l'autre côté des planètes. Il est possible que les fantômes ne soient pas d'origine humaine.
Les Planches
Fever at Night - 17
La Vache-qui-rit fait son effet en rentrant en elle-même ; image dans image dans image. Ainsi fait notre mémoire qui doit accumuler et trier et ne pas se perdre en elle. Chacun ses trucs pour classer les heures et les événements. Des notes, des images, des sons et des odeurs s'empilent ou se croisent ou se mélangent, se posent ou se perdent et reviennent ou se sont déplacés. Pour faire revenir la vache la plus lointaine, il suffit de regarder la plus proche. Les souvenirs et les sentiments n'ont pas le même effet.
Nua Paris
mardi 11 août 2026
Fever at Night - 16
Les lignes parallèles se croisent à l'infini. Pour y parvenir, il faut un certain temps et surtout ne pas être immobile. En chemin, tourbillons possibles qu'auront ignoré les lignes droites. Au final, les personnes côte à côte se rejoindront et devront se monter dessus formant la véritable tour de Babel ; chacun aura son mot à dire.
dimanche 9 août 2026
Fever at Night - 15
Le gentil et le méchant se reconnaissent à la façon de porter le chapeau. Celui-ci cache le regard, c'est le méchant qui est dessous. Celui-ci laisse entrer le soleil, voici le gentil. Dans la bagarre, c'est le chapeau du méchant qui tombe le premier pour qu'on lise l'inquiétude du visage. Le chapeau jeté en l'air, c'est une victoire et s'il est contre la poitrine, le drame est à terre ou une demande est faite. Nous ne portons que rarement un chapeau ; gentils et méchants seraient égaux.
Le Globo
samedi 8 août 2026
Fever at Night - 14
Nous avons placé les dieux au-dessus de nous, derrière les nuages et au-delà des étoiles. Ils sont ainsi invisibles et qu'ils soient immenses ou minuscules ne changera pas la perception que nous voulons en avoir. Mais eux ? Nous leurs sommes monstrueusement minuscules. Ils s'approchent, ils jettent un œil transparent pour nous observer, voire pour nous juger. La vue est difficile. Le son, lui, ne va pas loin ; nous parlons doucement aux dieux en sachant que même fort, ça ne s'entendrait pas. Ils ne nous parlent pas, leur langage est trop vieux, intraduisible. Alors depuis jadis, la musique. La musique peut monter à eux. Font bouger les dieux, peut-être. Dépend de la musique, dépend du dieu.
La Boumette
Fever at Night - 13
Beaucoup sont dans la lune et peu ont marché dessus. Ceux qui sont dans la lune sont en réalité sur la face cachée de la lune et n'éclairent qu'eux-mêmes et l'arrière monde aux rêves incompris et prudents attendant l'ouverture de la nuit. Ceux qui ont marché sur la lune ont été vus et crus puis on a douté des messages et des images ; un impossible vaincu ne plaît guère.
Club Bus Paladium