Mon écriture a trois petites têtes, la première prétend faire des histoires, le deuxième prend des images et les complète de mots, la troisième se juxtapose à des artistes. Les trois têtes n'ont pas de dents et portent un bonnet de laine en cette période.

samedi 3 octobre 2026

La Toureffelle - 17

On ne peut visiter le phare que lorsqu'il est éteint. Quand il travaille, il est précieux, nécessaire et se fait respecter. Endormi, il permet la douloureuse montée et l'heureuse descente après une contemplation vaine, l'horizon ne s'approche pas, d'où l'ennemi viendrait. À son pied pourtant, les possibles voyages et conquêtes, l'amorce d'un ailleurs, le phare affirmant notre ici. Notre maintenant.




La Toureffelle - 16

Les mâts sans voiles ne bougent guère et s'en balancent. Ils partiront, disent-ils en sifflant par un vent qui peut les traverser sans donner un voyage. Ça attend. Comme un écolier sage, ça lève le doigt pour dire que ça aimerait sortir, aller voir les herbes plus vertes, regarder les ailleurs.



jeudi 1 octobre 2026

La Toureffelle - 14

On peut lire entre les petites configuration. C'est juste derrière ou ça s'invente. On peut lire entre les lignes, on y trouve ses idées, quelques désirs qui traînent, un voyage. Entre les atomes, du vide, plein de vide élastique et tenace, un vide qui tient tout, sans alourdir qui retient chaque élément. On y lit son avenir comme entre les grains de café, on y lit le temps désiré, le lointain rattrapé.


mercredi 30 septembre 2026

La Toureffelle - 13

Ah, ce truc de comparer ses instruments... La taille, la rigidité, la force et la solidité pour accomplir fièrement le travail. Et que l'outil soit bien employé et efficace et rapide, on ne va pas tourner autour du pot. Un outil timide pourtant ferait mieux les finissions et saurait au bon endroit intervenir et la matière respectée saurait répondre de beauté.




mardi 29 septembre 2026

La Toureffelle - 11

Tout semble petit vu de loin et la distance abolit les mesures, majestés ou bassesses, pour que tout fusionne avec parfois des étonnement qui subsistent et qui dénoncent mon propos. Je les appelle mes repères, mes phares, mes visées. Je tente de comparer ma situation, âge et taille, à ces éléments qui font que je m'y retrouve un peu, dans ce lointain qui commence à mes pieds. Que j'y suis vivant, grandi.




La Toureffelle - 10

Ce qui perce le regard, c'est le pointu. Ça troue les matières, ça fend l'eau, ça raye les ciels, ça n'est pas rassurant. Mais ça attire les regards qui veulent une flèche indicative qui les guiderait jusqu'à une image que le regard prendrait pour lui, pour en faire des histoires et pour voyager dedans, de peurs en bonheurs.




dimanche 27 septembre 2026

La Toureffelle - 09

Une évidence est devant nos yeux, posée là, comme si toujours. Elle n'a pas besoin de confirmation et fait silence. Tout autour de l'évidence passent des durées et des objets, des émotions, l'air du temps. De la porte est oubliée la charnière pourtant indispensable. L'évidence permet les passages pour on ne sait où.