Mon écriture a trois petites têtes, la première prétend faire des histoires, le deuxième prend des images et les complète de mots, la troisième se juxtapose à des artistes. Les trois têtes n'ont pas de dents et portent un bonnet de laine en cette période.

samedi 8 août 2026

Fever at Night - 14

Nous avons placé les dieux au-dessus de nous, derrière les nuages et au-delà des étoiles. Ils sont ainsi invisibles et qu'ils soient immenses ou minuscules ne changera pas la perception que nous voulons en avoir. Mais eux ?  Nous leurs sommes monstrueusement minuscules. Ils s'approchent, ils jettent un œil transparent pour nous observer, voire pour nous juger. La vue est difficile. Le son, lui, ne va pas loin ; nous parlons doucement aux dieux en sachant que même fort, ça ne s'entendrait pas. Ils ne nous parlent pas, leur langage est trop vieux, intraduisible. Alors depuis jadis, la musique. La musique peut monter à eux. Font bouger les dieux, peut-être. Dépend de la musique, dépend du dieu.

La Boumette



Fever at Night - 13

Beaucoup sont dans la lune et peu ont marché dessus. Ceux qui sont dans la lune sont en réalité sur la face cachée de la lune et n'éclairent qu'eux-mêmes et l'arrière monde aux rêves incompris et prudents attendant l'ouverture de la nuit. Ceux qui ont marché sur la lune ont été vus et crus puis on a douté  des messages et des images ; un impossible vaincu ne plaît guère.


Club Bus Paladium

jeudi 6 août 2026

Fever at Night - 12

Les faisceaux fascinent faisant frissons en foule. Traversant l'épais nuage, le soleil s'en amuse, aussi dans les eaux épaisses et juste dans un verre. Ce n'est pas épais, le faisceau ; ça traverse, ça se pose, oiseau non attrapé aux plumes droites comme i. Les étoiles sont trop loin mais tentent. La bougie est trop mouvante, le feux a d'autres préoccupations. Aussi fêtons les faisceaux.

Le divan du monde

mercredi 5 août 2026

Fever at Night - 11

Prendre la parole, poser une question, commander à boire, saluer. Pour ceci, nous nous prolongeons, nous attrapons l'attention. Un mot ou un son peuvent compléter. Ce fut appris tôt à l'école pour respecter la discipline et le pouvoir, une règle du vivre ensemble. Ça raconte que chacun peut ensuite s'exprimer, demander, invectiver. Les bras furent ainsi pensés et conçus.

Duplex Paris

mardi 4 août 2026

Fever at Night - 10

Entre deux pleins se fabrique le vide ; entre deux bruits se fabrique le silence. On croit le silence vide et on le détruit consciencieusement, il est gênant, irrespirable. Essentiel et révélateur, le silence nous prépare au prochain bruit. Il a créé l'espace nécessaire et file se répandre ailleurs, intouchable, invendable, intransformable. Le vide lui ressemble, immense ou tout petit, irrespirable aussi.

Sacre



lundi 3 août 2026

Fever at Night - 09

À l'échelle de notre vue, les étoiles varient peu et nous les pensons fixes. Nous les nommons, nous en nommons des groupes pour les maîtriser, pour les dessiner en lien avec des éléments que nous avons fabriqués, des personnages qui ont déjà un nom et une utilité dans notre histoire. Le ciel était un plafond puis une sphère ; il est désormais infini de tous les côtés. Nous saurons plus tard autre chose pour mieux posséder le ciel ou les ciels. Nous y lancerons de faux humains qui nous les raconteront.

Raspoutine

Fever at Night - 08

La course de l'eau est perpétuelle ; elle ne doit pas s'interrompre et s'autorise des ralentissements. La mer va à la montagne et s'en revient. Elle se promène aux vents. Elle y va par les nuages, en revient par leurs larmes. Elle aura arrosé ce qui devient alors vivant, réveillant arbres et bêtes et toutes leurs racines. Ça brise les rochers, fait éclater les cailloux, fait glisser le sable. Ça tonne ou siffle ou s'amuse de silences qui permettent aux arbres et aux bêtes de se raconter leurs histoires.

Bulles