Mon écriture a trois petites têtes, la première prétend faire des histoires, le deuxième prend des images et les complète de mots, la troisième se juxtapose à des artistes. Les trois têtes n'ont pas de dents et portent un bonnet de laine en cette période.

jeudi 8 octobre 2026

La Toureffelle - 20

Avoir un penchant pour quelqu'un conduit à surveiller son maintien. Gardant les pieds sur terre, la séduction tente l'envol. Méthode perdante, l'écart se creuse et le vertige n'a pas de mot. Le mieux est de s'en tenir à une position sûre et vide de sentiments, de garder la tête haute et malheureuse. Sinon, la chute possible.




mercredi 7 octobre 2026

La Toureffelle - 15

La mère et ses petits pour passer le temps regardent l'âge promettre une longue vie. Voudront partir et la mère est ici, socle et repère de leur identité. Ils brilleront quand elle se fane et parfois se recoiffe, se fait teindre. Ils traversent un autre siècle et des promesses. La mère aime perdre la mémoire et ne pas vouloir les revoir. Et perdre la mémoire.




La Toureffelle - 12

La fierté est un défaut pour les autres. Pour la personne fière, c'est façon de trouver sa place et de s'y montrer. Calme, assurance quand les jaloux boudent au mieux quand ils crient. Si tous sont fiers, tous chênes forment une même canopée. Un chêne parmi les bambous aimerait se déplacer.




lundi 5 octobre 2026

La Toureffelle - 19

Ce qui reste, ce qui part. Ce qui reste dit que ça reviendra, pas de place meilleure que l'origine. Ce qui part se dit l'aventure et les découvertes et que le ver est fait pour finir mouche et voler loin. Ce qui reste entend ses racines qui tiennent le monde ; ce qui part s'invente un autre monde et pourrait s'y planter.




La Toureffelle - 18

Quand tout est bien rangé, le déséquilibre vient d'un détail. Il est sournois et précisément se cache, persuadé de son importance dans une époque qui veut tout comprendre et tout maîtriser par la force des symétries et des masses de nos pouvoirs, de nos désirs, de nos croyances, de notre progrès qui tient bon son sol. Le détail, préférant le ciel, s'en amuse et lentement fait basculer nos édifices sociétaux. Un coup sans force, gentil, pour tenter une révolution.




samedi 3 octobre 2026

La Toureffelle - 17

On ne peut visiter le phare que lorsqu'il est éteint. Quand il travaille, il est précieux, nécessaire et se fait respecter. Endormi, il permet la douloureuse montée et l'heureuse descente après une contemplation vaine, l'horizon ne s'approche pas, d'où l'ennemi viendrait. À son pied pourtant, les possibles voyages et conquêtes, l'amorce d'un ailleurs, le phare affirmant notre ici. Notre maintenant.




La Toureffelle - 16

Les mâts sans voiles ne bougent guère et s'en balancent. Ils partiront, disent-ils en sifflant par un vent qui peut les traverser sans donner un voyage. Ça attend. Comme un écolier sage, ça lève le doigt pour dire que ça aimerait sortir, aller voir les herbes plus vertes, regarder les ailleurs.