Mon écriture a trois petites têtes, la première prétend faire des histoires, le deuxième prend des images et les complète de mots, la troisième se juxtapose à des artistes. Les trois têtes n'ont pas de dents et portent un bonnet de laine en cette période.

lundi 27 juillet 2026

Fever at Night - 02

Les tickets de voyage étaient de carton, rectangulaires et tenant dans la petite poche de la chemise. Nous les gardions du départ à l'arrivée, du dehors à l'autre dehors. Alors, nous les jetions. Certains devenaient des arbres qui longent encore nos trottoirs pour aller à la station avec un peu d'ombre. Des aventuriers en faisaient collection, preuves des grands écarts. Les tickets sont devenus lumières et codes et nous en avons par-dessus la tête sans le savoir, ils nous surveillent. Tentons d'en attraper un ? C'est viser une étoile filante qui gentille accepterait un vœu.

Les étoiles


Fever at Night - 01

L'éclipse est éphémère et l'ayant vue nous la gardons toujours. Cet instant particulier aura fixé d'autres instants et des mouvements s'y sont accrochés qu'on ne mesurait pas ; le sensationnel était là-haut et nos regards s'y perdaient. Tout retomba sur terre ensuite. Nous, nos rêves interrompus, le quotidien revenu. La lumière forme une trace au regard, l'obscurité s'y oublie et nous guetterons longtemps la prochaine éclipse, parfaite ou ébauchée, ainsi nos existences.

Le Balajo



dimanche 26 juillet 2026

Les nous seuls sont ensemble - 61 (d'après une œuvre d'Alexis Meilland) (et fin de la série)

Nous sommes appliqués et polis en toute circonstance, nous aimons plaire. Nous apparaissons dans un ensemble de convenances et de farces, cachés par notre timidité feinte, exposés par notre culot de coq. L'eau coulera sous les ponts, emportant nos élans et notre embarcation frêle des doux orgueils de l'existence.




vendredi 24 juillet 2026

Les nous seuls sont ensemble - 60 (d'après une œuvre d'Alexis Meilland)

Nous étions des anges à l'innocence calculée, ouverts au monde et à ses chants. Voulions aller haut, Icare en fond de scène. Sommes revenus sur notre base, fiers et toujours en esprit de nous échapper, ensemble formant nuage émouvant. Les papas et les mamans nous prévenaient, posaient leur index sur nos lèvres gourmandes. Oui, oui, nous nous tairons, nous ne dirons rien de nos voyages.




jeudi 23 juillet 2026

Les nous seuls sont ensemble - 59 (d'après une œuvre d'Alexis Meilland)

Nous regardons l'intérieur de notre vérité. Un ensemble de mots et de notes qui nous reconstituent, verbe fait chair, une pensée du vivant qui tient dans notre vision orgueilleuse du monde qui s'agrandissant s'est épuisé. Nous nous sommes trop servis, Nous nous sommes nourris de nous-mêmes, anthropophages de luxe, égoïstes d'un soi présent négligeant le nous futur. Aveugles que nous fûmes, nous voici sourds à nos avertissements. Déjà s'enfuient les couleurs, l'image suivra.




Les nous seuls sont ensemble - 58 (d'après une œuvre d'Alexis Meilland)



Nous abattons nos cartes, y lisons les avenirs et ce qui est à gagner, à perdre, à négocier. Un pendu s'y amuse, des reines piquent les cœurs, les valets y sont nécessaires aux rois. Celui de pique passe, on s'en méfie. Les petites cartes font leur numéro, se doublent, se complètent, batifolent dans leurs atouts. La bataille y va de son jeu sur la table des matières.




mercredi 22 juillet 2026

Les nous seuls sont ensemble - 57 (d'après une œuvre d'Alexis Meilland)

Nous forçons la discrétion dans les apparences séduisantes pour cacher notre réserve et son ensemble de cachotteries. Nous exagérons les cachettes pour que la découverte soit incrédible et doucement incroyable. Notre origine est à ceci, monstration bricolée qui voudra remonter les courants et les sources, nous cassons pour construire. Un oiseau casse des brins pour faire le nid. L'œuf est pensé.