Edward T. Hall évoqua la dimension cachée dont il est bon d'avoir quelques notions quand on s'approche de quoi que ce soit. Tout animal étant resté animal le sait. Il s'approche pour se perpétuer, pour manger, pour se protéger. Il s'éloigne pour fuir. Pour chercher une herbe plus verte. L'humain y regarde à deux fois, il sait rarement fuir, il mange trop, se perpétue trop, se protège en oubliant de protéger l'autre, en approchant quand il faut maintenir la distance cachée. Un soldat apprend les dimensions et quand fuir.
Pierre Rochigneux
lundi 13 avril 2026
Splitscreen - 05 - L'instinct de mort - Jean-François Richet
dimanche 12 avril 2026
Splitscreen - 04 - L'affaire Thomas Crown - Norman Jewison
Doute. Multiples facettes pour un même individu, les hésitations le divisent, il en sort brisé sans avoir voulu comprendre les qualités du doute, des doutes. On saurait alors écouter différemment, voir avec plus d'attention et parler prudemment en cherchant les idées avant les mots. Puis se rassembler. Communications, relations, certes en n'étant plus le héros de soi-même et en valant autant que l'autre. L'humilité est un miroir reconstitué.
samedi 11 avril 2026
Splitscreen - 03 - Time Code - Mike Figgis
Partout se prolonge le même instant et je comprends les usagers du téléphone ou du jeu qui veulent être à tous les endroits dans ce souple instant. Cet instant, infiniment élastique, est généreux de rencontres et de séparations. Mangé par les mouches, je l'accompagnerai fidèlement, dispersé, aérien.
Splitscreen - 02 - Body Double - Brian de Palma
Elle s'est arrêtée à la limite de s'en sortir. Il s'est bloqué à la limite de sa séparation. Ils font semblant d'être ensemble à la limite de leur rupture, au bord de leurs sentiments. Elle parcourt son passé, il use de son avenir. Ils sont présents dans leurs absences.
vendredi 10 avril 2026
Splitscreen - 01- Kill Bill - Quentin Tarantino
Deux regards s'opposent et se superposent, l'un cachera l'autre. Un hier pour d'infinis demains. Nous désirons l'éclipse et c'est la nuit qui vient avant le jour et nous saurons que nous nous réveillons, que nous sommes vigilants et qu'il faudra foncer contre un mur qui s'appelle le présent. Il sépare nos souvenirs et nos désirs, il est bienveillant autant qu'il nous pousse à la disparition, il est verticale et horizontal, comme l'arbre par le tronc et les racines. C'est par la mort que nous guérissons du présent.
mercredi 8 avril 2026
"Voyages" - 14 (d'après une photographie de Maxime Pronchery) (et fin de la série)
Nous nous protégeons de tout, jusqu'au ridicule, quand n'est danger que nous-mêmes contre nous-mêmes, dans des simulations de bagarres et des menaces. Le ciel ouvertement nous tombe sur la tête et commence pourtant à ras du sol. Nous craignons les nuages voyageurs aux fruits humides parfois durs et les bouts d'étoiles qui ne nous ciblent pas, préférant le hasard, les vents dans le vide. Il nous faudrait de longues cavernes pour une protection infinie, des cavernes circulaires et rentrant dans les mers complexes qui ne nous réclament pas. Nous avons craint la pluie, nous nageons.
"Voyages" - 13 (d'après une photographie de Maxime Pronchery)
Quand sont usés mes souvenirs, je vais dans mes dossiers où sont classés mes idées et mes voyages, mes journées, mes comptes. Je sais ce que j'ai déformé en transcrivant ma vie dans un presque présent. Derrière l'écran de mon ordinateur se trouve un moi différent, parfois bonifié comme vin en cave, souvent décalé, hagard parmi les milliards de moi possibles autour du moi, voire dans ce moi qui peut tout savoir et tout restituer par une moyenne bricolée. En pianotant sur le clavier, je me pose des questions, par jeu. L'autre moi corrige les fautes de frappe et me propose même des mots équivalents, des ponctuations mesurées. Gamin, j'aimais regarder passer les trains aux centaines de wagons contenant des mystères et parfois des passagers.