Nous luttons. La fleur au fusil et les yeux levés au ciel, nous luttons. Armes de son et projectiles d'air, chars de pluie et drapeaux de chiffons, nous luttons. Mis à nu par nos uniformes, nous luttons. L'ennemi en nous. Nous extirpons de nous-mêmes ensemble cette cause perdue de la communication, nous la posons là, hésitons à la piétiner, paillasse de mots, ou à nous en servir de couverture. Enfin vaincus, nous avons gagné contre nous-mêmes.
Pierre Rochigneux
dimanche 12 juillet 2026
vendredi 10 juillet 2026
Les nous seuls sont ensemble - 47 (d'après une œuvre d'Alexis Meilland)
Nous. Notre paradis, leur enfer. Ensembles disputés. Ça se joue à peu. Peut s'inverser. Une posture, des chemins suivis, leurs frontières, le vent nous poussant là, nous encourageant ou nous faisant dériver. Alors les confrontations, les avis contraires et les prises de position fermes. Les cris de silence, les prises de vue aveugles et le sourd destin qui se déroule, comme ça, malgré lui. Nous en ferons toute une histoire, modifiant les réalités.
Les nous seuls sont ensemble - 46 (d'après une œuvre d'Alexis Meilland)
Nous ignorons ce qui est derrière nous, nous nous imaginons la vie par notre regard et c'est devant nous que ça se passe. Certains animaux peuvent voir autour d'eux, ce n'est pas pour qu'ils se mirent, c'est pour voir arriver l'ennemi ou le complice et trouver ensemble une entente ou une bataille. Nous sommes plus simplement dans un sens choisi. Le dos, c'est la fuite, même si on rate certainement des trucs chouettes.
mercredi 8 juillet 2026
Les nous seuls sont ensemble - 45 (d'après une œuvre d'Alexis Meilland)
Nous prenons soin de notre ombre et quand vient midi, nous nous rassurons ensemble en sachant bien qu'elle ira dans une autre direction. Nous acceptons qu'elle diminue puisqu'elle augmentera. La nuit, nous nous appuyons sur elle, dure ou molle suivant la matière sur laquelle elle s'est déposée. Des ombres se superposent sans lutter, se faire mal, par mimétisme e sans vouloir en rajouter. Nous devrions apprendre de nos ombres. Elles sont muettes.
Les nous seuls sont ensemble - 44 (d'après une œuvre d'Alexis Meilland)
Nous brouillons nos connaissances en ayant oublié les ensembles de couleurs, les mots anciens et le nom des arbres, des oiseaux, des outils, des nuages, des indispensables éléments que nous ne savons plus utiliser. Nous ne saurions parler à nos grands-parents ni les reconnaître dans leur usage du quotidien. Eux seraient aussi bien perdus dans nos nouveaux outils, ils seraient aveuglés par nos évidences qui sont devenues si fragiles, si artificielles.
lundi 6 juillet 2026
Les nous seuls sont ensemble - 43 (d'après une œuvre d'Alexis Meilland)
Nous lisons des signes dans ce qui n'en veut pas. Les nuages contiennent des continents, des visages et des écritures éphémères. Les animaux contiennent des lettres et des signes que nous savons dessiner et qui doivent faire peur. Les vagues, si nous les figeons, contiennent une coiffure, une montagne, une fleur. Les fleurs contiennent des palais et des diamants. Ensemble, ces innocences nous donnent des histoires à raconter, sans le savoir ou en cachant bien leur jeu.
dimanche 5 juillet 2026
Les nous seuls sont ensemble - 42 (d'après une œuvre d'Alexis Meilland)
Nous ne savons pas aimer. Avec un effort soutenu, nous tentons de dire je t'aime. On pense que c'est usuel, on ne sait pas prononcer quand on ne sait pas faire. Nous avons le corps pour les gestes, nous avons suffisamment de sexe pour l'accomplissement, ensemble en pensant un accord. Le cœur littéraire dit oui, le corps de viande dit non, ou peut-être. L'amour, c'est comme le bison. Apprivoisé, il n'a plus d'Indiens.