Mon écriture a trois petites têtes, la première prétend faire des histoires, le deuxième prend des images et les complète de mots, la troisième se juxtapose à des artistes. Les trois têtes n'ont pas de dents et portent un bonnet de laine en cette période.

mercredi 12 août 2026

Fever at Night - 18

Dans le flou, on peut reconnaître des fantômes qu'on n'a encore jamais rencontrés. Ils sont là, se montrent par erreur quelques instants ; s'ils se plaisaient parmi nous, ils prendraient corps ou apprendraient à nous rencontrer. En avoir peur a été appris comme on a peur du serpent et de l'araignée. C'est la nuit qu'on les suppose puisque le jour ils se cachent de l'autre côté des planètes. Il est possible que les fantômes ne soient pas d'origine humaine.

Les Planches


Fever at Night - 17

La Vache-qui-rit fait son effet en rentrant en elle-même ; image dans image dans image. Ainsi fait notre mémoire qui doit accumuler et trier et ne pas se perdre en elle. Chacun ses trucs pour classer les heures et les événements. Des notes, des images, des sons et des odeurs s'empilent ou se croisent ou se mélangent, se posent ou se perdent et reviennent ou se sont déplacés. Pour faire revenir la vache la plus lointaine, il suffit de regarder la plus proche. Les souvenirs et les sentiments n'ont pas le même effet.

Nua Paris

mardi 11 août 2026

Fever at Night - 16

Les lignes parallèles se croisent à l'infini. Pour y parvenir, il faut un certain temps et surtout ne pas être immobile. En chemin, tourbillons possibles qu'auront ignoré les lignes droites. Au final, les personnes côte à côte se rejoindront et devront se monter dessus formant la véritable tour de Babel ; chacun aura son mot à dire.

Le Club du Faust


dimanche 9 août 2026

Fever at Night - 15

Le gentil et le méchant se reconnaissent à la façon de porter le chapeau. Celui-ci cache le regard, c'est le méchant qui est dessous. Celui-ci laisse entrer le soleil, voici le gentil. Dans la bagarre, c'est le chapeau du méchant qui tombe le premier pour qu'on lise l'inquiétude du visage. Le chapeau jeté en l'air, c'est une victoire et s'il est contre la poitrine, le drame est à terre ou une demande est faite. Nous ne portons que rarement un chapeau ; gentils et méchants seraient égaux.

Le Globo

samedi 8 août 2026

Fever at Night - 14

Nous avons placé les dieux au-dessus de nous, derrière les nuages et au-delà des étoiles. Ils sont ainsi invisibles et qu'ils soient immenses ou minuscules ne changera pas la perception que nous voulons en avoir. Mais eux ?  Nous leurs sommes monstrueusement minuscules. Ils s'approchent, ils jettent un œil transparent pour nous observer, voire pour nous juger. La vue est difficile. Le son, lui, ne va pas loin ; nous parlons doucement aux dieux en sachant que même fort, ça ne s'entendrait pas. Ils ne nous parlent pas, leur langage est trop vieux, intraduisible. Alors depuis jadis, la musique. La musique peut monter à eux. Font bouger les dieux, peut-être. Dépend de la musique, dépend du dieu.

La Boumette



Fever at Night - 13

Beaucoup sont dans la lune et peu ont marché dessus. Ceux qui sont dans la lune sont en réalité sur la face cachée de la lune et n'éclairent qu'eux-mêmes et l'arrière monde aux rêves incompris et prudents attendant l'ouverture de la nuit. Ceux qui ont marché sur la lune ont été vus et crus puis on a douté  des messages et des images ; un impossible vaincu ne plaît guère.


Club Bus Paladium

jeudi 6 août 2026

Fever at Night - 12

Les faisceaux fascinent faisant frissons en foule. Traversant l'épais nuage, le soleil s'en amuse, aussi dans les eaux épaisses et juste dans un verre. Ce n'est pas épais, le faisceau ; ça traverse, ça se pose, oiseau non attrapé aux plumes droites comme i. Les étoiles sont trop loin mais tentent. La bougie est trop mouvante, le feux a d'autres préoccupations. Aussi fêtons les faisceaux.

Le divan du monde