Mon écriture a trois petites têtes, la première prétend faire des histoires, le deuxième prend des images et les complète de mots, la troisième se juxtapose à des artistes. Les trois têtes n'ont pas de dents et portent un bonnet de laine en cette période.

mercredi 29 juillet 2026

Fever at Night - 04


Les ombres au fond de la caverne ne s'agitent que pour les incrédules désireux de les voir étrangères et fascinantes. Si personne, les ombres se posent au sol. La poussière ne les recouvre pas, les ombres sont poreuses. Sans lumière, l'ombre s'ennuie, sans agitation, l'ombre fait tache. Tout recommence, savent les ombres qui doucement vont se lever d'un sommeil qui nettoie le fond de la caverne. Les incrédules alors bougent un peu puis beaucoup puis ensemble les membres qui leur appartient et ceux qu'ils prennent. Les ombres se lèvent, légères et puissantes, les ombres gardent le jour dans la nuit.

Le Cavern


mardi 28 juillet 2026

Fever at Night - 03

La vision du monde sera différente suivant l'endroit qui nous contient. Nos nouveaux instruments vont très haut et très loin, ils interprètent, ils nous montrent ce que nous voulons, ce que certains veulent que nous voyions. Un aveuglement calculé, l'attente d'un monde meilleur étant incluse dans l'observation. la vérité des images disparaît et pensera-t-on que nos souvenirs seront faussés. Un même monde pour tous différent ou égal ou vrai ou rêvé, manipulé ou fixe. Et nous, nous agitant pour tenter de le remuer. Une utopie malmenée.

Supersonic



lundi 27 juillet 2026

Fever at Night - 02

Les tickets de voyage étaient de carton, rectangulaires et tenant dans la petite poche de la chemise. Nous les gardions du départ à l'arrivée, du dehors à l'autre dehors. Alors, nous les jetions. Certains devenaient des arbres qui longent encore nos trottoirs pour aller à la station avec un peu d'ombre. Des aventuriers en faisaient collection, preuves des grands écarts. Les tickets sont devenus lumières et codes et nous en avons par-dessus la tête sans le savoir, ils nous surveillent. Tentons d'en attraper un ? C'est viser une étoile filante qui gentille accepterait un vœu.

Les étoiles


Fever at Night - 01

L'éclipse est éphémère et l'ayant vue nous la gardons toujours. Cet instant particulier aura fixé d'autres instants et des mouvements s'y sont accrochés qu'on ne mesurait pas ; le sensationnel était là-haut et nos regards s'y perdaient. Tout retomba sur terre ensuite. Nous, nos rêves interrompus, le quotidien revenu. La lumière forme une trace au regard, l'obscurité s'y oublie et nous guetterons longtemps la prochaine éclipse, parfaite ou ébauchée, ainsi nos existences.

Le Balajo



dimanche 26 juillet 2026

Les nous seuls sont ensemble - 61 (d'après une œuvre d'Alexis Meilland) (et fin de la série)

Nous sommes appliqués et polis en toute circonstance, nous aimons plaire. Nous apparaissons dans un ensemble de convenances et de farces, cachés par notre timidité feinte, exposés par notre culot de coq. L'eau coulera sous les ponts, emportant nos élans et notre embarcation frêle des doux orgueils de l'existence.




vendredi 24 juillet 2026

Les nous seuls sont ensemble - 60 (d'après une œuvre d'Alexis Meilland)

Nous étions des anges à l'innocence calculée, ouverts au monde et à ses chants. Voulions aller haut, Icare en fond de scène. Sommes revenus sur notre base, fiers et toujours en esprit de nous échapper, ensemble formant nuage émouvant. Les papas et les mamans nous prévenaient, posaient leur index sur nos lèvres gourmandes. Oui, oui, nous nous tairons, nous ne dirons rien de nos voyages.




jeudi 23 juillet 2026

Les nous seuls sont ensemble - 59 (d'après une œuvre d'Alexis Meilland)

Nous regardons l'intérieur de notre vérité. Un ensemble de mots et de notes qui nous reconstituent, verbe fait chair, une pensée du vivant qui tient dans notre vision orgueilleuse du monde qui s'agrandissant s'est épuisé. Nous nous sommes trop servis, Nous nous sommes nourris de nous-mêmes, anthropophages de luxe, égoïstes d'un soi présent négligeant le nous futur. Aveugles que nous fûmes, nous voici sourds à nos avertissements. Déjà s'enfuient les couleurs, l'image suivra.