Le phare
Chaque été
nous allions à la mer Atlantique et nous devions, assis à l’arrière de la 404,
deviner le premier la mer et dire la mer, la mer ! qui au détour d’un virage
s’offrait à nos vacances. Nous arrivions au village habituel en milieu de
journée, il fallait alors déjà se reposer, le voyage est long, lent, mal
intégré par nos organismes en recherche. Dès le soir, nous devions être le
premier à deviner le phare, le phare ! Son inhabituel désordre de lumière
organisée en faisait un feu d’artifice, une présence de la mer que nous avions
devinée le premier ou pas. Il s’éteignait quand nous étions en baignade mais
nous le reconnaissions, l’ayant escaladé de l’intérieur. Depuis cette jeunesse,
lorsque nous sommes le premier à voir un rayon tournant, nous nous échouons
dans un souvenir aux doux rochers, nous tombons dans une noyade mémorielle,
dans un bain de jouvence.

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