Alors elle a tourné très vite sur elle, en vrille, multitude de lumières autour qui semblaient autant se coller à elle et s'en éloigner, le mouvement, je m'en allais aussi, autant que je me rapprochais. S'éloignent mes bras. Froid, je ne sens plus mes mains qui vont à vouloir la toucher.
Pierre Rochigneux
mardi 20 janvier 2026
dimanche 18 janvier 2026
Carcasse de sorbet - 10 - (d'après une œuvre de Cristine Guinamand)
Dans moi se tient la structure lisible de la mort, convenue, plus dure, plus difficile à faire disparaître. Les animaux petits et grands la révéleront et je me veux de bon goût pour cette occasion. Franchir des décennies m'aura suffi, je suppose qu'on ne m'assemblera pas par des ressorts et des courroies pour me faire tenir debout dans un musée des spécimens. Mon genre, mon âge, tout serait supposé d'un urbain décroissant ou d'un volage électrifié. Structure nécessaire et encombrante. Y graver un message ? Un code barre : merde à celui qui me lira.
samedi 17 janvier 2026
Carcasse de sorbet - 09 - (d'après une œuvre de Cristine Guinamand)
Une utopie se cale entre deux promenades, choisissant plutôt l'après-midi par un soleil fatigué. Ça brûle si vite, une utopie. Je l'ai cherchée, je la trouverai, je m'y reposerai. Presque nu, un reste de pudeur, le sexe, même dans la solitude, je le cache, va comprendre. Soir et nuit venant, je rentrerai dans le rassurant foyer en me répétant encore que je t'ai loupée, animal des simulations, désir désiré, ma moitié, mon entière moitié manquante.
vendredi 16 janvier 2026
Carcasse de sorbet - 08 - (d'après une œuvre de Cristine Guinamand)
Écriture tremblante à l'approche des réalités, le clavier pourtant bien ordonné aux touches plus sales sur les lettres célébrées. Je te raconte une histoire. Le décor est posé en quelques surfaces, tu feras le reste. Le vivant s'y tente et prend des vertiges pour s'affirmer, l'atmosphère creuse le fond du problème et viendront les personnages comme au théâtre, jardins et cours et parfois une trappe, un filin inattendu, une porte forcée. La déception déjà s'annonce. Je reviendrai.
jeudi 15 janvier 2026
Carcasse de sorbet - 07 - (d'après une œuvre de Cristine Guinamand)
Les générations passent et me voici en tête. Je consulte mon arbre généalogique, j'ai peine à m'y trouver et je préfère aller plus bas, aux origines. Des prénoms rigolos, des durées courtes, peu de déplacements. Ces racines furent bien accrochées et les fruits tombèrent non loin, peu d'oiseaux de passage pour en prendre les graines. Le foyer initial est un hameau qui vivote et qui n'a plus son nom sur une plaque horizontale. Du relief, des chardons ardents, le souvenir de troupeaux indécis, la vue sur la plaine au loin qui fut marais et dont restent des étangs aux possibles carpes.
mercredi 14 janvier 2026
Carcasse de sorbet - 06 - (d'après une œuvre de Cristine Guinamand)
Sous les voiles se sont posés nos frimas en dentelles choisies pour leurs ombres posées dans les vibrations. Nous avions chaud des tensions, nous avions froid des relâchements parce qu'il faut bien s'écarter quand on s'est trop serré. Prenons le large, prenons de la hauteur, je dis ces formules et c'est un point mort, le voile est un linceul. J'ai promis, joies et merveilles, j'ai tenté, merveilles de promesses, je pose une fleur, une fleur de chaque année, je lis le nom gravé, je tente de voir un corbeau et c'est ici sauterelle ou là l'idée d'une mouette au large.
lundi 12 janvier 2026
Carcasse de sorbet - 05 - (d'après une œuvre de Cristine Guinamand)
Je n'ai pas fait semblant en prétendant que je pouvais tout prendre et tout porter au-dessus de mon visage. On me tendit le feu que je pris. Il était léger, volubile, je m'étonnai de ma façon de décrire mes gestes et ma douleur si convenus. Il éclaira mon visage et je le portai au plus haut, comme un champion. Attendant un coup de vent, un coup de pluie, au pire des larmes. Le feu sans matière ne dure que le temps d'un mirage, je portai mes mains à mes joues, fis semblant que rien n'avait été plus difficile.