La Lune
La Lune aura
rendu Pierrot songeur. Qui passera ses nuits ainsi, désormais, la cherchant le
jour sans illusions. Et sachant l'attraper, s'il devait tendre le bras, lancer
la main. La ramènerait-il ? Et qu'en ferait-on ici-bas ? Il veille sur elle qui
n'en a pas besoin, il s'en occupe qui ne demandait rien, il lui parle qui
n'entend pas, trop lointaine et négligente. Il la veut, il la possède, il en
vit, il l'aime, oui, inutilement, sottement. Qu'un Arlequin s'en approche, elle
sera protégée, qu'un loup la chante, voici Pierrot férocement jaloux et lançant
ce loup aux cochons. La Lune est ailleurs et n'a pas Pierrot dans son air, fait
le dos rond ou s'éclipse en minaudant, maigrit et grossit suivant les nuages
qu'elle aura goûtés. Pierrot devrait se déplacer, Pierrot devrait dormir un peu.

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