Quand sont usés mes souvenirs, je vais dans mes dossiers où sont classés mes idées et mes voyages, mes journées, mes comptes. Je sais ce que j'ai déformé en transcrivant ma vie dans un presque présent. Derrière l'écran de mon ordinateur se trouve un moi différent, parfois bonifié comme vin en cave, souvent décalé, hagard parmi les milliards de moi possibles autour du moi, voire dans ce moi qui peut tout savoir et tout restituer par une moyenne bricolée. En pianotant sur le clavier, je me pose des questions, par jeu. L'autre moi corrige les fautes de frappe et me propose même des mots équivalents, des ponctuations mesurées. Gamin, j'aimais regarder passer les trains aux centaines de wagons contenant des mystères et parfois des passagers.
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