Mon écriture a deux petites têtes, la première usine des mots, la deuxième emboutit des images et des textes ; dans la première tête se fabrique un rejeton du cinématographe et de la musique : des temps et un montage dans lesquels une histoire joue des coudes avec les thèmes humains ; la deuxième tête est fainéante et vous demande de faire le travail pour une rencontre, un spectacle, c'est la tête voyeuse et voleuse (la première est la tête chercheuse). Quand il leur faut écrire sur un artiste ou pour un artiste, les deux têtes se causent, parlementent puis postillonnent une petite histoire qui tente de rester en dehors de l'illustration. Et de séduire. De compléter le travail. Il fait souvent froid, les deux têtes se protègent sous le même bonnet. Si mon écriture avait d'autres têtes dont des méchantes, elle pourrait garder une caverne, un souvenir, une toison.

vendredi 6 juillet 2018

Ayons bonne mine - 28

"Puits Couriot. La recette du jour et les cages du puits"


Les voies étroites pour se rejoindre, les longs chemins parcourus. Les derniers mètres pour se toucher, pour savoir si la température est la même, si les peaux se reconnaissent et s'aimeront, le dernier croisement pour se toucher, pour hésiter, pour choisir, rester ensemble ou disparaître l'un de l'autre, l'autre de l'un. Deux chemins qui se soudent en une voie de garage, une voie d'attente, une voie de départ, une voie de lumières et d'histoires. Une rencontre. Derrière ? Oublié. Derrière ? Hors de la vue, hors de la mémoire. Une ultime confusion pour sceller nos regards en une même image. Fragile, éphémère, au moins mouvante et bruyante. Et c'est une fusion. Ou c'est un accident. Une rencontre, enfin.


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