Mon écriture a deux petites têtes, la première usine des mots, la deuxième emboutit des images et des textes ; dans la première tête se fabrique un rejeton du cinématographe et de la musique : des temps et un montage dans lesquels une histoire joue des coudes avec les thèmes humains ; la deuxième tête est fainéante et vous demande de faire le travail pour une rencontre, un spectacle, c'est la tête voyeuse et voleuse (la première est la tête chercheuse). Quand il leur faut écrire sur un artiste ou pour un artiste, les deux têtes se causent, parlementent puis postillonnent une petite histoire qui tente de rester en dehors de l'illustration. Et de séduire. De compléter le travail. Il fait souvent froid, les deux têtes se protègent sous le même bonnet. Si mon écriture avait d'autres têtes dont des méchantes, elle pourrait garder une caverne, un souvenir, une toison.

mercredi 11 juillet 2018

Ayons bonne mine - 32

Puits Couriot - Salle de la machine d'extaction...


N'ayons pas peur des images. Les machines libérant l'homme du travail, nous dansons dans les usines,  y organisons nos fêtes et très fort ou par murmure y écoutons des musiques et nos âges évoluer. Et nous parlons aux machines, les encourageons, sait-on qu'elles ont des oreilles ? Elles sentent bien les vibrations de nos fainéantises et seraient tentées de se gripper. Nous leur devons attention comme auparavant nous donnions, après le fouet, quelques graines à l'esclave. Un peu d'huile, un peu d'électricité et le repos éventuel du dimanche, même s'il est probable que leur dieu est bien différent des nôtres, il est dans le Cloud aussi mais son langage de base ne forme pas le Texte, donc ne donne pas la Parole. C'est en silence que les machines procèdent et ce qui crie encore, c'est la matière recomposée quand il y a transformation de matière, pour nos costumes de bal, pour nos gobelets en plastique, pour les pilules de l'an 2000 que nous avalons.


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